Lactalis alerte sur le déréférencement de produits dans plusieurs enseignes
Dans une lettre à la ministre de l’Agriculture, Lactalis accuse la centrale d’achat européenne Everest (Auchan, Intermarché, Casino) de déréférencer certains de ses produits laitiers depuis la semaine dernière, afin d'obtenir des baisses tarifaires, et évoque un « risque immédiat sur la filière ».
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Des produits laitiers de marques nationales Lactalis sont déréférencés des rayons de Casino, Intermarché, Auchan depuis la semaine dernière, selon un courrier d’alerte du président-directeur général de Lactalis, Emmanuel Besnier, adressé le 19 janvier à la ministre de l’Agriculture et révélé par Contexte. La raison : la centrale d’achat européenne Everest, responsable des négociations commerciales de ces enseignes, ferait pression pour obtenir des baisses tarifaires. Lactalis refuse ces baisses car jugées « inacceptables et déconnectées des réalités économiques de la filière laitière française ».
Dans son courrier, Emmanuel Besnier explique que, face au refus du groupe laitier de baisser les prix, la centrale d’achat Everest « a décidé unilatéralement » de déréférencer certains produits laitiers, « faisant peser un risque immédiat sur la filière, des agriculteurs jusqu’aux outils industriels ».
Le constat ne s’arrête pas là, puisqu’Everest a également, selon le courrier de Lactalis, déréférencé « un grand nombre de produits en Allemagne, Espagne, Portugal, Suisse et Pologne, qu’ils soient exportés depuis la France ou fabriqués localement ».
Risque pour la formule de prix du lait
Ces actions « entraîneront dès cette semaine un surplus de stocks dans les 70 sites industriels du groupe », explique Lactalis dans une note aux rédactions du 20 janvier. Malgré la signature de la charte de bonnes pratiques des négociations commerciales en amont de leur ouverture, la centrale d’achat « adopte des comportements contraires à ses engagements et à la loi française », estime Lactalis.
L’Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis (Unell) a, de son côté, adressé un courrier au PDG d’Everest, pour insister sur les enjeux d’une telle action. « Les produits de grande consommation (PGC) à destination de la France concernent 50 % de notre formule de prix », rappelle la présidente de l’Unell, Delphine Macé. Lactalis et l’Unell ont conclu un accord porté sur la stabilité du prix sur cette partie de la formule. « Mais si Lactalis est déréférencé, cela peut vouloir dire moins de PGC France et plus de produits industriels, dont les cours chutent. »
Lactalis espère compter sur le soutien d’Annie Genevard pour que cessent « ces agissements » et que les discussions se poursuivent « dans un climat plus apaisé ».
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